Driss Abbassi (Auteur)

Résumé

Prenant appui sur une analyse systématique des manuels d'histoire de l'époque coloniale et postcoloniale, l'auteur suit de près la construction de l'imaginaire national en Tunisie tout au long du XXe siècle. De nouveaux lieux de diffusion de la politique identitaire apparus au tournant des années 1990 sont également sollicités : le domaine touristique et le sport.

Année de publication: 2009
Editeur:Autrement
Nombre de pages: 155 p.23 x 15 cm
Langue:Français
Univers:A44 Histoire (du Moyen-Age à nos jours) - Pays autres qu'européens
Niveau:Public motivé

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La Tunisie a toujours revendiqué un statut de pont entre l'Orient et l'Occident. La réalité est cependant beaucoup plus complexe et, écartelé entre deux mondes - l'oriental et l'occidental -, ce pays ne cesse de s'inventer et de se définir depuis maintenant cinquante ans, oscillant par exemple, après l'indépendance de 1956, entre nationalisme arabe et imaginaire méditerranéen. Quelle vision privilégier alors ? Celle de l'antique Carthage ou celle d'une Tunisie arabe, soeur de l'Algérie et de l'Égypte ? Comment s'est faite la construction identitaire de la Tunisie ?

Partant de l'exemple tunisien, Driss Abbassi aborde les problématiques du Maghreb et du fait colonial dans le processus de la construction identitaire postcoloniale. Il montre que, par-delà le passage à l'indépendance, l'État-nation tunisien s'est approprié toute une part de l'héritage colonial en le situant dans un rapport de tension entre Orient et Occident.

L'auteur s'intéresse avant tout aux manuels scolaires coloniaux et postcoloniaux - avec en particulier ceux des années 1960, rédigés soit en arabe (pour le primaire), soit en français (pour le secondaire) - et au discours qu'ils véhiculent. Il appuie ensuite sa réflexion sur le tourisme et le sport, nouveaux lieux de diffusion de la politique identitaire amorcée au tournant des années 1990.

Par sa réflexion sur la complexité des représentations de soi et de l'autre, ce livre va à l'encontre des stéréotypes véhiculés par le discours hégémonique actuel sur la « violence coloniale », le « nationalisme arabo-musulman » ou le « choc des civilisations ».

Driss Abbassi, docteur ai histoire contemporaine et auteur de plusieurs publications de référence, est actuellement enseignant-chercheur à l'université du Sud Toulon-Var et chercheur associé à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman d'Aix-en-Provence (CNRS).