Dmitri Alekseevitch Gloukhovski (Auteur)Denis E. Savine (Traducteur)

Résumé

Ces nouvelles de science-fiction dépeignent de manière détournée et satirique la Russie contemporaine : l'autocrate, l'administration corrompue, les industriels mafieux, les nouveaux riches, les pauvres, les travailleurs migrants, l'alcoolisme, les oubliés des steppes sibériennes, la télévision et l'alcoolisme. Le lecteur y croise aussi des démons et des extraterrestres. ©Electre 2018

Année de publication: 2018
Editeur:Atalante
Nombre de pages: 1 vol. (209 p.)18 x 13 cm
Langue:Français
Univers:A04 - Romans SF, fantastique

Du même auteur

Comme tous ceux de sa génération, Dmitry Glukhovsky est le témoin des changements que traverse la Russie ; une Russie où il n'a jamais fait bon d'évoquer et encore moins de coucher par écrit certains sujets sensibles : le pouvoir, ses dérives, ses compromissions, sa corruption... Auteur engagé, il instille ses messages dans la fiction et la science-fiction, comme avant lui les frères Strougatski, dont l'oeuvre pourtant critique à l'égard du régime a toujours échappé à la censure ; à croire que la métaphore se joue de l'esprit retors des bureaucrates censés débusquer la moindre velléité d'insoumission.

Nouvelles de la mère patrie est un recueil de textes écrits à l'origine pour la presse russe, car, avant même d'être romancier, Dmitry Glukhovsky est journaliste. Et rien ni personne n'échappe à sa plume acerbe, à commencer, bien sûr, par le numéro 1 (qui échange parfois sa place avec le numéro 2) - le Leader de la Nation -, suivi de près par les strates corrompues de l'administration, les mafieux reconvertis en hommes d'affaires, les nouveaux riches, les gens modestes, les travailleurs immigrés, les flics intègres, les journalistes, la télévision, l'alcoolisme omniprésent, les extraterrestres, le diable et ses hordes de démons, et les habitants oubliés des steppes sibériennes. Chacun reçoit son dû, qui pour ses vices, qui pour sa complaisance, qui pour sa naïveté et son incapacité à ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure.

L'absurde et le fantastique, qui jalonnent le quotidien russe, ne sont jamais loin, et l'on se surprend même parfois à ressentir de la tendresse pour certains protagonistes.

Pour un lecteur occidental, la fenêtre que Dmitry Glukhovsky ouvre sur le quotidien des gens du peuple comme sur celui des affidés du pouvoir peut sembler un miroir déformant, tant on a l'impression que l'auteur prend le pas sur le journaliste pour forcer le trait sur la naïveté des uns et les compromissions des autres. Malheureusement, la fiction n'est pas très loin de la réalité.

C'est la génération la plus intéressante. Ses représentants ne sont ni soviétiques, ni antisoviétiques, ni postmodernes, mais écrivains tout court. Dmitry Glukhovsky, écrivain polyglotte de 38 ans, fait partie de cette génération décomplexée.
L'Express
, Marianne Payot

Né en 1979 à Moscou, après des études en relations internationales et de journalisme, Dmitry Glukhovsky se consacre à l'écriture.
Amateur tant de littérature classique que populaire, il privilégie dans ses oeuvres la contre-utopie, qui lui permet d'interroger la société actuelle et ses limites, les possibles sociétés futures et leurs dérives, dans la lignée de 1984 et du Meilleur des mondes.