Olivier Fillieule (Directeur de publication)Collectif Sombrero (Collaborateur)Sophie Béroud (Directeur de publication)Camille Masclet (Directeur de publication)Isabelle Sommier (Directeur de publication)

Résumé

Une trentaine de chercheurs dressent un portrait vivant du militantisme, non pas celui des dirigeants, mais celui des militants ordinaires des syndicats ouvriers, des gauches alternatives et des féminismes, centré sur cinq métropoles régionales, de 1966 à 1983 : Marseille, Lyon, Nantes, Rennes et Lille. ©Electre 2018

Année de publication: 2018
Editeur:Actes Sud
Nombre de pages: 1 vol. (1118 p.)illustrations en noir et blanc21 x 14 cm
Langue:Français
Univers:A17 Sociologie, aide sociale, questions sociales
Niveau:Public motivé

Changer le monde, changer sa vie

Enquête sur les militantes et les militants des années 1968 en France

Cinquante ans après Mai 1968, que sont les militants devenus ? Après avoir jeté toutes leurs forces dans la bataille, cru souvent en l'imminence d'une révolution, suspendu longtemps leurs investissements scolaires, professionnels, voire affectifs pour « faire l'histoire », comment ont-ils vécu l'érosion des espoirs de changement politique ?

La force de ce livre tient à un triple déplacement du regard - de Paris aux régions, des têtes d'affiche aux militants ordinaires, de la crise de mai à la séquence historique 1966-1983 - autant qu'à la richesse du matériau exploité : un dépouillement d'archives le plus souvent inexplorées, comme les documents déclassifiés des Renseignements généraux et des centaines de récits de vie recueillis à Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Rennes auprès de militants des syndicats ouvriers, des gauches alternatives et du mouvement féministe.

Cette mosaïque d'histoires constitue la chair de ce livre et permet de brosser un portrait non impressionniste des soixante-huitards, de leur carrière professionnelle, de leur vie affective, de la continuité de leurs engagements, apportant des réponses enfin étayées aux questions suivantes : la vie des soixante-huitards a-t-elle été bouleversée ou simplement infléchie par le militantisme corps et âme des années 1970 ? En ont-ils tiré profit ou le déclassement social fut-il le prix à payer ? Face aux convictions politiques d'antan, les militants font-ils figure d'apostats ou sont-ils toujours ancrés dans un rapport critique au monde social ? Peut-on dire qu'il existe une génération 68 ou n'est-ce qu'un mythe recouvrant d'un voile épais une hétérogénéité de personnes plus grande qu'on ne l'imaginait ?

Olivier Fillieule est professeur de sociologie politique à l'université de Lausanne (IEPHI-Crapul) et directeur de recherche au CNRS (CESSP Paris 1-Panthéon-Sorbonne). Il mène des recherches sur la dynamique des mobilisations sociales et politiques, la manifestation de rue et le maintien de l'ordre, la sociologie de l'engagement et du militantisme. Parmi ses ouvrages : La Manifestation (avec D. Tartakowski), Presses de Sciences-po, 2013 ; Dictionnaire des mouvements sociaux (codirection avec L. Mathieu et C. Péchu), Presses de Sciences-po, 2009.

Sophie Béroud est maîtresse de conférences en science politique à l'université Lyon-2 et membre du laboratoire de recherche Triangle. Ses travaux portent principalement sur le syndicalisme, les conflits du travail et les transformations du salariat. Parmi ses ouvrages : En quête des classes populaires. Un essai politique (avec P. Bouffartigue, H. Eckert et D. Merklen), La Dispute, 2016 ; Quand le travail se précarise, quelles résistances collectives ? (codirection avec P. Bouffartigue), La Dispute, 2009.

Camille Masclet est membre du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (Cresspa-CSU) et enseigne à l'université de Nanterre. Ses recherches portent sur les mouvements féministes, les trajectoires militantes et les processus de socialisation (politique, familiale, de genre).

Isabelle Sommier est professeure de sociologie politique au département de science politique de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et chercheure au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP). Ses travaux sont au croisement de la sociologie des mouvements sociaux depuis les années 1968 et de la sociologie de la violence. Elle est notamment l'auteure de Penser les mouvements sociaux (avec O. Fillieule et É. Agrikoliansky), La Découverte, 2010, et de La Violence révolutionnaire, Presses de Sciences-po, 2008.